Conférence « Nouvelle Géopolitique Internationale» avec Pascal Chaigneau

Toulouse

Le Jeudi 6 Mars 2014, Kassar International organisait une conférence sur la Géopolitique internationale et pour traiter ce thème nous avons eu l’immense honneur de recevoir Mr Pascal Chaigneau.

Un compte rendu de ses propos ne peut que décevoir tant cet homme par ses connaissances et sa personnalité a su captiver son audience. Nous tenterons cependant de retracer au mieux le fil de sa pensée et de son savoir.

Pascal Chaigneau, David Kassar et Alain Mainguy

Les Dynamiques du Monde Arabe

Monsieur Chaigneau a tout d’abord commencé par expliquer les dynamiques du monde arabe et les grands dossiers du Moyen Orient qui restent des sujets d’actualité brulants. Les révolutions auxquelles nous avons assisté dans ces pays sont des révolutions de pays pauvres. Tous les pays rentiers de l’Algérie à l’Arabie Saoudite se sont achetés la paix sociale et un statu quo avec leurs pétro et gazo-dollars et pire encore lorsqu’ils n’ont pas pu l’acheter ils l’ont imposé. Ce fut le cas du royaume de Bahreïn par exemple.

Le Maroc et la Jordanie sont les deux seuls pays pauvres où il n’y a pas eu à gérer des phénomènes insurrectionnels. Le Maroc doit sa paix sociale à la gouvernance du Meksen. En effet le roi Mohamed VI règne mais ne gouverne pas c’est le Meksen qui, sous l’apparence d’un système parlementariste, a plus de pouvoirs que le gouvernement officiel. La situation de la Jordanie cependant est une situation plus complexe car bien que calme pour l’instant ce pays, qui est devenu le déversoir de la crise syrienne, pourrait ne pas tarder à connaitre une crise sociale à son tour. En effet, la Jordanie est devenue le réceptacle de tous les financements Saoudien et de toutes les subventions des monarchies du golfe pour essayer de faire tomber Asad. Aujourd’hui, le roi de Jordanie est tellement conscient de sa fragilité qu’il demande non seulement de l’aide à des pays comme la France, mais se tourne également vers la police armée populaire chinoise afin de faire construire un centre de maintien de l’ordre urbain qui ressemble en bien des aspects à un camp militaire hautement armé.

Face à ces divers cas de figure, un pays se distingue ; Le Qatar qui s’est positionné comme le prosélyte du système. Il surcompense sa micro territorialité par une suractivité. A tel point que le 5 Mars 2014 le Koweït, Les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite ont retiré leurs ambassades de Doha afin de signaler au Qatar leur lassitude face au prosélytisme de celui-ci. Intéressons nous maintenant aux soulèvements populaires de la Tunisie et de l’Egypte. Pour la Tunisie, le bilan est plus positif que ce que nous redoutions il y a encore trois mois. La raison est simple ; c’est un professeur d’HEC, Monsieur Moncef Cheikhrouhou, qui a repris en main l’assemblée constituante. Sur le moyen terme, la Tunisie a donc des atouts pour repartir dans un cadre démocratique et stable. Si nous prenons le cas de l’Egypte, la situation est totalement différente ; ce n’est plus un pays qui a une armée, c’est une armée qui a un pays. Les militaires au pouvoir souhaitaient éradiquer les confréries. Pour cela ils ont appliqué la stratégie suivante ; Identifier, Discréditer, Eradiquer.

Si l’on s’intéresse aux soulèvements du Yémen et de la Syrie. Dans le cas du Yémen, ça a été un soulèvement de population pauvre récupéré, financé et manipulé par l’Arabie Saoudite pour mettre au pouvoir la tribu Yéménite la plus arrangeante dans le but de démembrer le pays. Car le Yémen a de l’eau, une terre fertile, du gaz naturel ce qui en fait le cauchemar des Saoudiens. Ce que L’Arabie Saoudite n’a jamais accepté c’est que le Yémen était complice de l’invasion du Koweït par Sadam Hussein. Depuis une semaine le Yémen est devenu un Etat fédéré avec 6 entités, ce qui fait du Yémen un Etat affaibli avec un pouvoir central également affaibli. Lorsqu’on se tourne vers la Syrie, les frontières que l’on connaissait n’existent plus. Le pays est totalement morcelé par les différentes autorités militaires qui règnent sur les régions du pays.

Quant à la situation de la Turquie et d’Israël, nous nous apercevons que les relations entre ces deux pays sont paradoxales. D’un côté la Turquie souhaite vendre le modèle AKP au monde arabe qu’elle a colonisé pendant près de 500 ans, donc pour tenter de le faire oublier le sport national de la Turquie devient la critique de l’Etat d’Israël. De son côté, Israël retrouve en l’Etat égyptien un nouvel allié stratégique.

Pascal Chaigneau en conférence

 

Cocktail après conférence

 

Les Dynamiques de l’Afrique

La France était le pays leader il y a 10 ans sur les relations avec l’Afrique. Nous sommes désormais 6° client, 5° fournisseur, 4° investisseur sur un continent où nous étions leader partout.
Ce que l’on peut dire des pays d’Afrique tels que La Libye ou le Mali, c’est que les guerres sont faites et orchestrées par le soutient de pays extérieurs, mais les conséquences ne sont aucunement assumées.

Le Tchad est le contact de l’armée française sur le territoire Africain. Le Tchad se sent encouragé et le dictateur Tchadien pense n’avoir aucunes limites. Pourtant, le Tchad n’a plus la main sur les mines de diamants, les dictateurs qu’il a placé au pouvoir dans les pays alentours lui tournent le dos et de ce fait le Tchad se sent trahit. La sanction immédiate fut de rentrer en centre Afrique et d’éliminer Mr Bozizé du pouvoir. De ce fait dans ce contexte précis, le Tchad est à la fois la source du problème Centre Africain mais également le seul remède possible.

La chine de son côté a déjà commencé à financer des guérillas Africaines. En effet, il y a au sud de la Somalie une ethnie qui se nomme les Djouba qui ne sont ni identifiés comme des Somaliens ni comme des Kényans et qui sont pourtant à un emplacement géographique stratégique pour le transit du pétrole du Sud Soudan vers les Etats-Unis. La chine s’est rendue compte que pour parasiter la construction de l’Oléoduc et rendre dépendant l’acheminement du pétrole par les tuyaux du Nord, il faut financer l’indépendance de la population de Djouba sous le prétexte de la création d’un Etat leur appartenant.

Il y a aussi des choses qui vont bien sur le continent africain comme par exemple les guerres qui s’arrêtent en RDC ou en Côte d’ivoire. Ce continent n’a pas surexploité ses ressources et c’est le continent qui va connaitre la plus forte croissance en 2014, ce qui fait de lui le continent le plus convoité au monde.

Enfin, L’Afrique du Sud ne tardera pas à perdre son statut d’Etat qui a le mieux réussi en Afrique car avec 40% de la population noire au chômage, la génération Born and free et une impatience générationnelle la crise sociale ou politique ne tardera pas à éclater.

... avec Alain Mainguy, Pascal Chaigneau, David Kassar

Les Dynamiques de l’Asie

L’Afghanistan n’est pas sous emprise Américaine, son avenir sera dessiné par le Pakistan. Les Etats par leur présence physique et militaire tente de remporter les enjeux énergétiques de ce pays. Ainsi nous observons une coalition Chine-Russie contre les Etats-Unis et la sortie de ces derniers de l’Afghanistan va les priver d’une tête de pont sur l’Asie centrale. On peut donc pressentir qu’une fois les américains hors de l’Asie centrale, les prochaines oppositions vont avoir lieu entre la Russie et la Chine. En effet, la Russie commence à se demander si en s’alliant avec la Chine ils ne sont pas en train de construire et de solidifier leur prochain ennemi.

Si on s’intéresse aux principaux éléments de mutation, on constate que la grande rupture du japon est son réarmement. De plus, si la Chine ne se met pas d’accord avec le Japon elle devient son alibi pour se réarmer. Quant à la Corée du Nord, la situation est gelée parce qu’aucun des acteurs ne veut que cela change même s’ils prétendent le contraire. La véritable crise est à venir et aura lieu dans la mer de Chine du Sud lorsque les chinois auront l’armement militaire pour occuper par la force cet espace.

L’Amérique latine

Ce continent est le seul qui a réussit à éradiquer la guerre et qui soit passé d’une crise monétaire à une croissance significative. De toutes les forces armées indépendantes présentent en Amérique latine au début du siècle il n’en reste qu’une ; les Farcs mais qui sont en train de s’épuiser.

Il reste cependant de mauvais élèves économiques mais d’un point de vue politique la situation s’est vraiment stabilisée.

La Russie

La crise de l’Ukraine vient à point nommé pour les russes qui attendaient depuis 20 ans un prétexte pour récupérer la Crimée. Les Russes ont crée en Moldavie une base militaire en 1992 dans l’idée qu’elle servirait un jour à récupérer l’Ukraine. De plus avec le réchauffement climatique, la Russie peut désormais exploiter les territoires qui étaient jadis sous la glace.

Les Etats-Unis

Même si les Américains se sont pensés les régulateurs de la planète, ils se sont rendu compte que dominer ne voulait pas dire contrôler. Les Américains ont dominé le monde ils ne l’ont pas contrôlé et on redécouvre des frontières énergétiques qui échappent au contrôle des Etats-Unis.

Communication Kassar International