S’implanter au Québec: comprendre la réalité québécoise pour accéder au rêve américain

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Selon un organisme hexagonal, quand on interroge les Français sur leurs destinations préférées pour une expatriation, ils répondent spontanément et, dans la majorité des cas, le Québec.

Du côté des entreprises, cette province canadienne leur est toujours apparue comme une terre d’accueil privilégiée offrant un environnement familier – francophonie oblige – et une culture d’ouverture à l’immigration économique. Viennent se rajouter à ces facteurs d’attractivité des modalités d’implantation facilitées et des accords de reconnaissance mutuelle visant à encourager les échanges de compétences.

Si le Québec fait toujours rêver, c’est aussi parce que ce territoire a su préserver ses avantages concurrentiels au lendemain de la crise de 2008. La capacité de résilience du Québec et sa foi dans l’avenir tiennent tant à ses savoir faire concrets et mesurables qu’à ses actifs immatériels contribuant de manière importante à la croissance durable des activités économiques. Le Québec a su mettre en valeur ses filières d’excellence dans les domaines d’activités tournés vers l’avenir, les NTIC et l’innovation, tout en dessinant un plan d’actions ambitieux pour attirer des ressources qualifiées, des capitaux et des investissements étrangers.

Stabilité économique et rayonnement

Avec un taux de croissance du PIB de l’ordre de 2% en 2015, en hausse par rapport à 2014 et un taux de chômage s’élevant à 4,7% en 2015 (source Statistique Canada), le Québec n’a pas à rougir de sa situation socio-économique soutenue par les exportations et la consommation, affichant des indicateurs en progression et des perspectives de développement prometteuses. Outre son leadership dans les hautes technologies, le Québec est reconnu sur la scène internationale dans le champ de l’économie sociale et solidaire et les métiers du webmarketing et des technologies digitales. L’on notera des besoins particulièrement importants de main d’œuvre pour des postes d’agents administratifs, de mécaniciens, de pharmaciens et de médecins.

Outre la dynamique domestique, le Québec est également actif dans ses relations bilatérales avec la France. En effet, la métropole québécoise est devenue l’une des six premières villes étrangères labellisées French Tech Hub par le ministère de l’Economie. Pont entre Montréal et les communautés French Tech, Bleu-Blanc-Tech constitue un maillage entre différents types d’acteurs d’un écosystème riche et vertueux comprenant des start ups mais aussi des grandes entreprises, des institutions et des financeurs. Concrètement, l’objectif est, d’une part, de faciliter le déploiement des start-up françaises à Montréal et la recherche de partenariats et, d’autre part, de proposer des outils du type mentorat, ou encore des résidences d’entrepreneurs. Il s’agit d’une étape de consolidation dans le resserrement des liens entre le Québec et la France, en particulier la région Aquitaine liée par des accords de coopération depuis 2000 et la ville de Bordeaux jumelée à Québec depuis 1962.

Les principaux atouts structurels du Québec

Aujourd’hui, la communauté française au Québec comprend plus de 60 000 Français immatriculés. En incluant les « non inscrits », on l’estime à plus du double. Plus de 400 entreprises françaises dans des domaines aussi divers que l’agroalimentaire, la pharmacie, l’aéronautique, la cosmétique, l’énergie et l’environnement sont installées à Montréal, principale métropole du Québec. Depuis 2004, le nombre d’entreprises françaises s’est accru parallèlement à l’évolution et l’essor économique de la ville. Alstom, L’Oréal, Sanofi, Vinci ou encore Thales qui a installé son 5ème centre d’excellence, pour ne citer que quelques-uns des plus importants fleurons hexagonaux, ont élu domicile au Québec. Ce choix s’explique notamment en raison de la présence d’une main d’oeuvre qualifiée, souvent bilingue, et à cause de la proximité du marché américain et mexicain, facilitée depuis 1994 par l’Alena l’accord de libre-échange nord-américain. Terre d’innovation attractive tant pour les grands groupes cotés que pour un nombre croissant de PME/PMI et jeunes pousses, le Québec a su valoriser ses avantages.

Le premier d’entre eux porte sur la stabilité du système financier doté d’un secteur bancaire bien réglementé. A fin 2015, le Forum économique mondial a placé le système bancaire canadien au premier rang mondial au chapitre de la stabilité pendant huit années consécutives, un classement qui atteste que les banques canadiennes affichent un niveau de capitalisation suffisant, une gestion saine et une réglementation adaptée.

Le deuxième atout concerne la fiscalité. Celle-ci s’applique à deux niveaux avec un taux d’imposition provincial et un taux d’imposition fédéral. Le taux d’imposition des sociétés privées sous contrôle canadien réclamant la déduction accordée aux petites entreprises était de 10,5% en 2015. A cela, il convient de rajouter l’impôt provincial de l’ordre de 12%. Pour les particuliers, le taux s’établit entre 16 et 26% au niveau provincial (pour la province de Québec) et entre 15 et 29% au niveau fédéral en fonction des tranches. En outre, les charges salariales sont plus faibles qu’en France (de l’ordre de 17% pour les employeurs). Par ailleurs, les entreprises peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental.

Le troisième avantage réside dans une offre abondante en matière de structures d’accueil, d’orientation et d’appui (CCI Française au Canada, Investissement Québec, Montréal International…). Les dispositifs de soutien à la création d’entreprise sont nombreux. Il est aisé de recourir à des services d’accompagnement efficaces. Les formalités de création d’une société sont généralement rapides et peu onéreuses (selon la forme juridique, les coûts d’enregistrement varient de 34 $ à 320 $ CAD, soit environ de 23 à 217 euros). Enfin, nous soulignons l’existence de la plateforme Mission Internationale dont le rôle est de mettre en relation des experts avec des entreprises dans le cadre de missions à l’international, qui constitue un excellent tremplin pour identifier un poste ou une entreprise basée au Québec en plus d’autres destinations.

Et aussi quelques autres points à avoir en tête…

La monnaie canadienne a perdu, depuis 2013, près de 30% par rapport au dollar américain, dans le sillage de la baisse des prix du pétrole, ce qui entraine un taux de change en faveur de l’euro très concurrentiel par rapport au dollar canadien. A cela s’ajoutent des prix de l’immobilier historiquement avantageux avec un foncier et un coût de construction abordables et une énergie bon marché.

La modernité, le multiculturalisme, les grands espaces, la qualité de vie, l’équilibre naturel entre vie professionnelle et vie privée représentent des facteurs de succès difficilement mesurables mais qui rentrent en compte dans le choix d’une destination. Ces « plus » peuvent aussi compenser les « petits moins » du Québec dont les expatriés s’accordent à dire qu’ils peuvent être apprivoisés avec le temps. Le climat hivernal rigoureux n’est pas une légende; il exige, durant quelques mois de l’année, de s’adapter à un mode de vie contraint et souterrain, la ville ayant construit un grand réseau d’infrastructures et de magasins sous terre. Moins anecdotique, le système de santé au Québec est dual. Reposant sur l’Etat, d’une part, et sur le privé, d’autre part, il se situe à mi-chemin entre le système français et le système américain.

« Just do it », l’adage du Québec

Nous venons de le voir : s’implanter au Québec représente une option plus avantageuse que de s’installer dans une région, une ville ou une métropole généralement plus coûteuse et compétitive, et aussi parfois, moins facile et conviviale pour y faire des affaires. Quelles que soient les modalités d’installation au Québec (création d’une structure juridique, investissement dans un projet local, formation d’une joint venture), les PME en recherche d’un marché test pour l’Amérique du Nord voient leurs procédures et formalités facilitées.

Au Québec, ce qui compte d’abord, c’est le projet d’entreprise. L’organisation du monde des affaires et l’état d’esprit ont donc pour unique objectif de rendre le plus fluide possible son émergence et sa mise en œuvre. La culture des affaires reflète un pragmatisme entrepreneurial à toute épreuve. Il est important de rappeler que les Québécois sont avant tout des Américains qui parlent français et non pas des Français qui sont installés en Amérique du Nord. Cette différence majeure explique les comportements typiquement anglo-saxons observés au quotidien: absence de formalisme, recherche du résultat, goût pour le risque et l’innovation au sens large, approche hiérarchique horizontale. L’on notera au passage que le Québec a une longueur d’avance en ce qui concerne l’entrepreneuriat féminin puisque de nombreux dirigeants d’entreprises sont des femmes. Certains vont même jusqu’à dire que le Québec est une société matriarcale !

Autre trait caractéristique de nature à séduire tout chef d’entreprise candidat à l’expatriation et/ou l’implantation: au Québec, tout le monde a sa chance. Le pedigree académique encore prégnant en France laisse la place aux compétences et « soft skills » (savoir être, intelligence émotionnelle) d’un porteur de projet ou d’un individu en recherche d’emploi. L’absence d’aversion au risque est une bouffée d’oxygène et la « méritocratie » n’est pas seulement une promesse. Elle fonctionne si l’on sait faire ses preuves et bâtir un plan d’affaires solide, stable et convaincant.
Le Québec a compris que l’avenir ne se prévoit pas. Il se construit dans le présent, collectivement et dans l’intérêt général, en faisant appel à la créativité de tous. Osons regarder ce qui « marche » au Québec ou ailleurs pour s’inspirer des bonnes pratiques, des approches fédératrices et des valeurs socles humanistes permettant un partage de l’essentiel. Et gageons que les expatriés et dirigeants d’entreprises français installés au Québec soient de formidables ambassadeurs pour aider la France à se réformer tout en veillant à préserver le cœur de son identité.

Qu’attendez-vous ? Le Québec vous attend ! Pour en savoir davantage, inscrivez-vous au Forum organisé par Mission Internationale à Arcachon les 27 et 28 octobre prochains.